LXV
LES CHATS
Les amoureux fervents et les savants austères
Aiment également, dans leur mûre saison,
Les chats puissants et doux, orgeuil de la maison,
Qui comme eux sont frileux et comme eux sédentaires.
Amis de la science et de la volupté,
Ils cherchent le silence et l’horreur des ténébres ;
L’Érèbe les eût pris pour ses cousiers funèbres,
S’ils pouvaient au servage incliner leur fierté.
Ils prennent en songeant les nobles attitudes
Des grands sphinx allongés au fond des solitudes,
Qui semblent s’endormir dans un rêve sans fin;
Leurs reins féconds sont pleins d’éntincelles
magiques,
Et des parcelles d’or, ainsi qu’un sable fin,
Étoilent vahuement leurs prunelles mystiques.
LXV
THE CATS
In their mid-years, fervent lovers and austere
savants
Love in equal proportion proudly dwelling in their
homes
Powerful and gentle cats,
And who are like them both frivolous and sedentary.
Friends of both science and voluptuousness,
They search in silence both horror and darkness,
Erebus has taken them as his funerary cortege;
If only they could incline their pride to serve him!
Knowingly, they put on haughty airs
Like Great sphinxes lying about in solitude,
And who would appear to sleep in a dream without
end:
And whose fruitful loins are possessed with a
magical drive,
Their golden
substance, just like a fine sand,
Dances vaguely within their starry eyes.
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